Ferdinand Monoyer et Victor Stoeber

Père et fils, deux pionniers de l’ophtalmologie moderne, tous deux issus de la faculté de Strasbourg.

       Victor Stoeber (1803-1871)                       Ferdinand Monoyer (1836-1912)

                               Ferdinand Monoyerencadre

 

Ferdinand Monoyer

Ferdinand Monoyer est l’inventeur de l’échelle Monoyer  encore en usage actuellement et dans le monde entier pour mesurer l’acuité visuelle et également de la dioptrie, cette unité de mesure bien connue de l’ensemble des porteurs de lunettes.

A l’origine de nombreuses inventions ou améliorations du domaine médical, il met au point un ophtalmoscope à trois observateurs.

image echelle Monoyer

Il est né le 9 mai 1836 à Lyon où son père, médecin militaire, était en garnison. Sa famille paternelle est tropézienne, sa famille maternelle alsacienne. A l’âge de 5 ans, il perd son père. Sa veuve Jeanne Monoyer retourne en Alsace où elle se remarie avec le professeur Victor Stoeber, ophtalmologiste de renom de la faculté de Strasbourg. Celui-ci va adopter le jeune Ferdinand qui grandira alors avec ses deux demi-sœurs, Emilie et Jeanne qu’il épousera pour la suite.

Une fois bachelier, Ferdinand Monoyer fait de brillantes études de sciences physiques et de médecine. Il sera le premier agrégé de physique médicale.

Il parcourt ensuite toutes les plus grandes universités d’Europe (Paris, Berlin, Londres, Prague, Munich, Vienne, Utrecht…. ) pour suivre les cours des grands maîtres et se perfectionner dans la pratique des maladies oculaires.

Revenu à Strasbourg il crée et organise des cours de physique médicale, des conférences et des exercices pratiques d’ophtalmoscopie. Il est également jusqu’à la mort de son père Victor Stoeber son suppléant dans son service de clinique ophtalmologique.

Survint la guerre de 1870. Monoyer se trouve enfermé dans Strasbourg assiégée. Les obus pleuvent jusque sur sa table de travail sur laquelle s’encastre un gros éclat pendant la nuit du 24 août 1870. Il soigne les blessés.

La paix signée, la faculté de Strasbourg est transférée à Nancy. Après une visite dans les universités de Turin, Rome et Naples pour en étudier l’organisation, il rejoint Nancy où il est chargé du cours et de la clinique d’ophtalmologie, le premier qui ait été fondé en France par l’Etat et confié à un titulaire spécial. Tout est à créer et à organiser. Là, il s’occupe également de rapatrier à Nancy l’ancienne Société des sciences naturelles de Strasbourg.

En 1877, il est appelé à Lyon en même temps que d’autres éminents professeurs de médecine (Ollier, Claude Bernard…) pour participer à la création de la toute nouvelle université lyonnaise et occuper la chaire de physique médicale. Il crée des enseignements et organise les laboratoires. Il siège à Paris comme membre du jury du concours d’agrégation pour les sciences physiques et chimiques.

En 1894, il prend part à l’exposition universelle de Lyon en qualité de membre de jury. Il expose ses publications et une vingtaine d’instruments ou appareils de son invention relatifs à la physique et à l’ophtalmologie.

Le 24 juin 1894, il donne avec ses collègues Poncet et Ollier les premiers soins au président Sadi Carnot qui vient d’être victime d’un attentat. C’est lui qui coupe le gilet, l’habit et le grand cordon de la légion d’honneur du président. De retour chez lui, il constate que la manche de sa chemise est tachée du sang de Carnot. Cette chemise est encore conservée par notre famille.

Victor Stoeber

 P1280501  Né le 16 février 1803 à Strasbourg, Victor Stœber y pousuit ses études de médecine et soutient sa thèse en 1824, sur le Delirium tremens, thèse qui va attirer l’attention sur lui. Il passe ensuite trois ans à voyager et à étudier dans toute l’Europe : 18 mois à Paris où il a pour maîtres Pinel, Lamarck, Jussieu, Dupuytren, Laennec, Broussais, Esquirol, Larrey : il se lie avec le célèbre Gall qui espère en faire son successeur, mais en vain, Stoeber avait trop soif d’apprendre. À Londres, en fréquentant assidument Wardrop et Lawrence, il a l’idée de sa spécialisation en ophtalmologie, science dans laquelle la France a accumulé un important retard. Il visite ensuite la Hollande et la Belgique, puis l’Allemagne où il rencontre notamment Juncker, Graefe, Rust, puis l’Autriche où il a pour maîtres Frédéric Jaeger et Rosas et où il rencontre le Français Siche.

Il est de retour à Strasbourg avec un important capital de connaissance et de pratique de chirurgie ophtalmologique. En 1829 : il est reçu au tout premier concours de l’agrégation en soutenant brillamment une thèse intitulée « De hydrope ventriculorum cerebri » [hydropisie des ventricules du cerveau].

En 1830, il ouvre son cours d’ophtalmologie, alors le premier et le seul de toute la France,  et en complément de son cours, il ouvre un Cours de Clinique ophtalmologique à l’Hôpital qui, au fil des années, deviendra un véritable service rayonnant sur toute la région et à l’étranger.

En 1834, il publie son Manuel d’Ophtalmologie, le plus complet disponible en France.

En 1835, il est rédacteur en chef des Archives médicales de Strasbourg.

En 1836, il est élu membre correspondant1 de l’Académie de médecine.

En 1837, il est chargé de la première clinique des maladies des enfants créée en France. En 1845  et toujours par concours, il est nommé Professeur de Pathologie et de Thérapeutique médicale puis de dermatologie.

Il est le créateur de la presse médicale alsacienne, dont la renommée dépassera vite les frontières (la célèbre Gazette Médicale de Strasbourg est fondée par lui dès 1841), il réunit la plus importante bibliothèque ophtalmologique de France en son temps (1500 références).

Il est également à l’origine de la création en 1854 de la première clinique d’ophtalmologie (comportant dix-neuf lits) qui aura un rayonnement international. Son fils et gendre Ferdinand Monoyer y deviendra son assistant, avant de rejoindre la Faculté de Nancy.

Il subit le siège de Strasbourg en 1871 et s’éteignit le 5 juin 1871 ; Strasbourg et la France venaient de perdre un des plus talentueux professeur de médecine de son temps et un des pionniers de l’ophtalmologie moderne française.

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9 commentaires pour Ferdinand Monoyer et Victor Stoeber

  1. ßeeeesßseeeeee3e3dz dit :

    Z

  2. Baghdadi RIZZI dit :

    Toujours bon à savoir. Merci

  3. Anonyme dit :

    R

  4. mitrareg dit :

    Its for them we can see!

  5. amosa dit :

    my name is amosa reang

  6. Zokni sti.nn dit :

    Ion kijkm ifj jkiiii új nem ikkiii
    M..ksii ii j nm jozm.gnccgr ti t.ggnzd izmok ei ii júj j

  7. hello dit :

    trop

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