Ferdinand Monoyer

P1340294Le professeur Charles-Edouard Ferdinand Monoyer naît le 9 mai 1836 à la Croix-Rousse, 19 rue de Flesselles, où son père se trouve en garnison. Il est le fils unique de Joseph Monoyer, originaire de St-Tropez, médecin militaire, qui a fait les dernières guerres de l’Empire et a été décoré sur le champ de bataille par le roi Louis-Philippe pendant la campagne de Belgique. Sa mère, Adèle Windesheim, appartient à la bourgeoisie strasbourgeoise.

Maison natale de F. Monoyer, 19 rue de Flesselles, Croix-Rousse

Ferdinand Monoyer fait toutes ses études classiques, scientifiques et médicales au lycée, à la Faculté des sciences et à la Faculté de médecine de Strasbourg. Ferdinand a cinq ans lorsque son père décède, emporté par une maladie du cœur. En 1847, sa mère épouse

en secondes noces Victor Stoeber, professeur à la Faculté de médecine de Strasbourg, père de deux filles. Ferdinand Monoyer épousera l’une d’elle, Jeanne, faisant ainsi de Victor Stoeber à la fois son père adoptif et son beau-père.

Copie de Ferdinand Monoyer 2Ferdinand Monoyer obtient son bac ès sciences en 1854. Il envisage ensuite l’Ecole polytechnique mais au dernier moment, sa mère ne peut se résoudre au départ de son fils. Celui-ci reste donc à Strasbourg où il obtient en 1860 le grade de licencié ès sciences physiques ; il est reçu docteur en médecine en 1862. L’année suivante, en 1863, il est nommé agrégé de physique à la Faculté de médecine de Strasbourg, à la suite d’un brillant concours. C’est la première fois que le concours porte uniquement sur la physique médicale ; Monoyer est donc le premier en date des agrégés de physique médicale.

Ayant obtenu son agrégation, il se rend en Belgique puis en Hollande où il visite les Universités de Bruxelles, de Gand et de Louvain où il reste pendant deux mois et plus. Enfin, il visite les Universités de Leyde, Leipzig, Prague et Munich. Après avoir séjourné quelques semaines à l’université de Vienne, il s’installe pendant deux mois à Berlin.

faculté médecine de StrasbourgSon stage terminé, Monoyer est chargé, en 1864, par la Faculté de médecine de Strasbourg, d’un cours de physique médicale complémentaire du cours magistral. Il crée et organise les travaux pratiques de physique médicale, matière ensuite enseignée dans toutes les facultés de médecine.

Ancienne faculté de médecine de Strasbourg

 

Monoyer divers-14En 1854, il obtient du ministre de l’Instruction publique de faire apparaître la clinique ophtalmologique dans le programme officiel de l’université. A partir de 1857, Monoyer qui a été d’abord le fils adoptif puis le gendre de Victor Stoeber, travaille à l’enseignement clinique. Jusqu’à la mort du professeur Stoeber en 1871, Monoyer est l’assistant de ce dernier, dans son service de clinique ophtalmologique.

Pendant la guerre de 1870, Monoyer se trouve enfermé dans Strasbourg. Pendant la nuit du 24 août 1870, alors qu’il soigne des blessés, un obus tombe sur sa table de travail.

En 1872, Ferdinand Monoyer se rend en Italie et visite les universités de Turin, Rome et Naples et en étudie l’organisation. Le 1er octobre 1972, la Faculté de médecine de Strasbourg est transférée à Nancy. Monoyer ne tarde pas à rejoindre son nouveau poste. Trois mois plus tard, il est chargé de la clinique et du cours d’ophtalmologie, le premier qui ait été fondé en France par l’Etat et con é à un titulaire spécial.

P1100152Dans le même temps, Ferdinand Monoyer s’occupe avec succès du transfert de l’ancienne Société des sciences naturelles de Strasbourg à Nancy. Il est élu secrétaire général de la Société des sciences de Nancy.

université Lyon 2Il ne reste pas longtemps à Nancy car en 1877, la ville de Lyon se dote d’une faculté de médecine : Monoyer y est appelé pour enseigner la physique médicale et revient ainsi dans sa vie natale.

IMG_3380Avant Monoyer, la littérature scienti que ne possédait pas un seul livre qui parlait de la physique médicale. Médecins et élèves ne disposaient que de textes de physique compliqués dans lesquels ils ne trouvaient ni les applications physiologiques et thérapeutiques, ni même certaines questions théoriques, capitale pour comprendre des phénomènes biologiques. Monoyer comble heureusement le manque. Son œuvre devient aussitôt classique. A Lyon, Monoyer a un enseignement à créer et des laboratoires à organiser. L’installation des laboratoires a lieu en 1882, dans des nouveaux et vastes bâtiments. A cette époque cette installation peut être un modèle pour les autres universités.

P1340404En 1883, le professeur Monoyer siège à Paris comme membre du jury du concours d’agrégation pour les sciences physiques et chimiques. En 1894, il prend part à l’Exposition Universelle de Lyon en qualité de membre du jury, il y expose en outre dans les vitrines réservées à la faculté de médecine, ses publications et une vingtaine d’instruments ou appareils de son invention, relatifs à la physique et à l’ophtalmologie.

Les_Derniers_Moments_du_President_CarnotLe 24 juin 1894 à 9 heures du soir Ferdinand Monoyer est avec ses collègues au chevet du président Sadi Carnot qui a été victime d’un attentat à Lyon. Il aide à donner les premiers soins. C’est lui qui coupe l’habit, le gilet et le grand cordon. En rentrant chez lui, il découvre qu’il reste du sang de Carnot sur la manche de sa chemise. Il gardera toujours cette chemise en souvenir de ce jour.

Monoyer est pendant 9 ans assesseur du Doyen de la Faculté de médecine de Lyon. Il a été membre de 16 sociétés œuvrant dans le domaine des sciences et de l’ophtalmologie.


La carrière de Ferdinand Monoyer comprend deux périodes. La première période se déroule à Strasbourg puis à Nancy où il est surtout ophtalmologiste. Durant son séjour dans les universités européennes, il a acquis des connaissances étendues. Grâce à son stage à la clinique de Stoeber, il a complété ses connaissances théoriques par la pratique. La deuxième partie de sa carrière commence en 1877, date à laquelle il est nommé professeur de physique médicale. A partir du moment où Monoyer enseigne à la Faculté de médecine à Lyon, il renonce à la pratique de l’ophtalmologie et se consacre entièrement à l’étude et à l’enseignement de la physique médicale. Il consacre toujours à l’optique la plus grande partie de son enseignement.

P1340391Monoyer est par ailleurs président honoraire de l’Association Alsacienne-Lorraine de Lyon. En septembre 1870, il se fonde à Lyon une Société de Secours pour les Alsaciens et les Lorrains victimes de la guerre. Pour ces expatriés, l’association installe chaque année pour Noël un sapin des Vosges dans la grande salle de la bourse de Lyon qui réunit donateurs et leurs protégés.
Des vêtements et des jouets sont distribués aux enfants des familles nécessiteuses originaires d’Alsace-Lorraine. En 1887, les dons se ralentissent.
Nommé président de la Société, Monoyer prend à
cœur de relever l’association ; il amène de nombreuses souscriptions nouvelles, institue des membres perpétuels, fait diverses réformes destinées à donner plus d’éclat à la fête de Noël. L’association est alors reconnue d’intérêt public.

Monoyer divers-12C’est à Monoyer que la science doit l’unité métrique de réfraction à laquelle il donne le nom de dioptrie. Le numérotage métrique des verres de lunettes a été un trait de génie, selon l’expression du président de la société ophtalmologique de Lyon. Il a été adopté dé nitivement en 1893 par le congrès d’ophtalmologie de Bruxelles. C’est encore à Monoyer, que l’on doit l’invention de l’échelle optométrique décimale : l’échelle Monoyer.

Monoyer ne s’intéressait pas uniquement aux Sciences physiques soit pures, soit appliquées ; il était un mycologue distingué, s’occupait de questions d’histoires, aimait les lettres. On lui doit quelques poésies. Esprit très cultivé, riche en connaissances de toutes sortes, les problèmes de la métaphysique avaient de l’attrait pour lui.

P1340286Ferdinand Monoyer décède le 11 juillet 1912. Il est enterré dans l’ancien cimetière de la Guillotière.  Ferdinand Monoyer a publié 83 travaux scientifiques dans le domaine de l’ophtalmologie comme dans celui de la physique théorique et appliquée. Le premier a pour titre L’ophtalmoscope portatif en 1864. Le dernier a pour titre Les points principaux des systèmes dioptriques stratifiés en 1908.

 

Ferdinand Monoyer et ses descendants

 

Ferdinand Monoyer et son épouse Jeanne
Les quatre filles du professeur Monoyer dans le parc
Les cinq enfants Wenger, petits- enfants du professeur Monoyer
Les enfants Juvet, arrière-petits-enfants de Ferdinand Monoyer, copropriétaires actuels de la villa

 

 

 

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