Victor Stoeber

P1280501Né le 16 février 1803 à Strasbourg, Victor Stœber y pousuit ses études de médecine et soutient sa thèse en 1824, sur le Delirium tremens, thèse qui va attirer l’attention sur lui. Il passe ensuite trois ans à voyager et à étudier dans toute l’Europe : 18 mois à Paris où il a pour maîtres Pinel, Lamarck, Jussieu, Dupuytren, Laennec, Broussais, Esquirol, Larrey : il se lie avec le célèbre Gall qui espère en faire son successeur, mais en vain, Stoeber avait trop soif d’apprendre. À Londres, en fréquentant assidument Wardrop et Lawrence, il a l’idée de sa spécialisation en ophtalmologie, science dans laquelle la France a accumulé un important retard. Il visite ensuite la Hollande et la Belgique, puis l’Allemagne où il rencontre notamment Juncker, Graefe, Rust, puis l’Autriche où il a pour maîtres Frédéric Jaeger et Rosas et où il rencontre le Français Siche.

Il est de retour à Strasbourg avec un important capital de connaissance et de pratique de chirurgie ophtalmologique. En 1829 : il est reçu au tout premier concours de l’agrégation en soutenant brillamment une thèse intitulée « De hydrope ventriculorum cerebri » [hydropisie des ventricules du cerveau].

En 1830, il ouvre son cours d’ophtalmologie, alors le premier et le seul de toute la France,  et en complément de son cours, il ouvre un Cours de Clinique ophtalmologique à l’Hôpital qui, au fil des années, deviendra un véritable service rayonnant sur toute la région et à l’étranger.

En 1834, il publie son Manuel d’Ophtalmologie, le plus complet disponible en France.

En 1835, il est rédacteur en chef des Archives médicales de Strasbourg.

En 1836, il est élu membre correspondant1 de l’Académie de médecine.

En 1837, il est chargé de la première clinique des maladies des enfants créée en France. En 1845  et toujours par concours, il est nommé Professeur de Pathologie et de Thérapeutique médicale puis de dermatologie.

Il est le créateur de la presse médicale alsacienne, dont la renommée dépassera vite les frontières (la célèbre Gazette Médicale de Strasbourg est fondée par lui dès 1841), il réunit la plus importante bibliothèque ophtalmologique de France en son temps (1500 références).

Il est également à l’origine de la création en 1854 de la première clinique d’ophtalmologie (comportant dix-neuf lits) qui aura un rayonnement international. Son fils et gendre Ferdinand Monoyer y deviendra son assistant, avant de rejoindre la Faculté de Nancy.

Il subit le siège de Strasbourg en 1871 et s’éteignit le 5 juin 1871. Strasbourg et la France venaient de perdre un des plus talentueux professeur de médecine de son temps et un des pionniers de l’ophtalmologie moderne française.

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